Les cinq séances traitant de la préhistoire armoricaine débutées en octobre dernier ont proposé un parcours de 800 000 ans au cours duquel chacun a pu percevoir comment l’homme s’est adapté aux diverses évolutions de son paléoenvironnement.
Soumis au rythme des séquences glaciaires et de réchauffements successifs, contraint par une géologie très variée, bousculé par les variations du niveau de l’océan, des prénéanderthaliens aux hommes de Cro-Magnon, l’homme semble s’être parfaitement intégré à la péninsule en passant du rôle de prédateur à celui de producteur.
Afin de concrétiser cette approche de l’histoire de la présence humaine en Armorique, un groupe d’une quarantaine de membres de l’UTL ont pu découvrir l’organisation d’un territoire au temps du Néolithique (5 000 à 2 000 ans avant J.C.)
Les landes de Monteneuf (56), ayant peu souffert d’aménagements ou de remembrements, permettent encore aujourd’hui de discerner les contours et l’organisation d’un territoire aux temps préhistoriques. Sédentarisées par l’agriculture et l’élevage, dès 5 000 ans avant notre ère, les communautés défrichent des vastes espaces où se distinguent les lieux de vie (l’habitat) et des secteurs funéraires (cairns, dolmens, allées couvertes). En dressant des monolithes isolés ou en groupes, elles assurent la mémoire des clans.
En nous replaçant dans les pas des premiers agriculteurs, nous avons tenté de nous approcher du mode de pensée des peuples anciens. En nous émerveillant devant le gigantisme de leurs travaux mégalithiques, nous prenons conscience d’être aujourd’hui les dépositaires d’un fabuleux patrimoine.
Dans ce XXI° siècle en perte de références, nos sociétés seront-elles capables de protéger et transmettre cet héritage venu de l’aube de l’humanité ?
Yannick Lecerf, archéologue préhistorien
Sortie réservée en priorité aux adhérents ayant suivi le cours sur la préhistoire armoricaine