La géographie étudie les milieux de vie des hommes et leurs marges. Aborder l’espace via la mobilisation des sens crée un supplément de valeur et de connivence avec le terrain qu’il faut aménager et ménager pour transmettre aux générations à venir. Alors que la mondialisation nous assaille de chiffres, de conflits et d’urgences, nous avons besoin de répit, de temps de réflexion, de couleurs. Ces choix invitent à aborder autrement les espaces, à convier une certaine humilité dans nos façons de modeler les territoires. Ce voyage-échange avec le public s’organise autour des verbes habiter, flâner et rêver, enfin coloriser, toucher, sentir. Bref, notre vision du territoire s’enrichit en mobilisant les sens et en tenant compte de nos états d’âme. Ceci améliore notre préhension des espaces et l’intérêt que nous portons aux paysages via la poésie et l’artialisation qui tisse du lien entre l’œuvre d’art et la réalité.
Jean-Pierre Husson, professeur émérite de géographie