Les médias diffusent en abondance des faits de violence de toute nature. Le monde serait-il devenu un concentré de violences, légitimant par là même, en les démultipliant, nos peurs ancestrales ?
Le propos consistera ici à se distancier de toute approche émotionnelle pour mener une réflexion argumentée sur les rapports complexes que nos sociétés ont entretenu et entretiennent encore avec la notion de violence. Cela nous conduira à resituer les diverses violences dans le contexte de leur émergence et à questionner leurs perceptions/représentations.
Plan de la conférence :
Introduction
1/ Un constat : la violence est présente
2/ Des définitions
3/ Une notion complexe qui exige une approche distanciée
a/ Un problème statistique
- la distance entre la réalité des faits et la réalité statistique
- Des classements statistiques complexes fournissant néanmoins des repères pertinents
- Des biais statistiques possibles : l’exemple des liens entre immigration et violences
b/ Une réalité multidimensionnelle
c/ Une notion souvent instrumentalisée
I/ Nos sociétés ont tenté de repousser la violence ou d’en confier l’exercice à des autorités légitimes
A/ Le processus de civilisation comme mouvement de refoulement de la violence
1/ Une « nature humaine » marquée par l’existence de pulsions d’agressivité
2/ Une pacification des mœurs par la culture et le contrôle sociale
B/ Une délégation de l’exercice de la violence à des autorités légitimes
1/ L’État et le monopole de la violence légitime
2/ De la loi du talion à l’État de droit
II/ Une violence toujours présente et largement perçue comme inacceptable
A/ Une violence multiforme traverse de manière plus ou moins résiduelle nos sociétés
1/ Une violence multiforme : du délit au terrorisme
2/ Une organisation sociale et économique potentiellement violente
B/ Des violences perçues comme inacceptables et souvent instrumentalisées
1/ L’acceptabilité de la violence par le corps social
2/ Des violences en mutations
Conclusion : Violence et non-violence
Alain Darré, maître de conférences en science politique, enseignant-chercheur, auteur