La violence féminine, au 18e siècle, s’inscrit dans le contexte d’une société elle-même violente, qui considère comme légitime de régler un conflit par des injures et des coups : c’est donc essentiellement une violence du quotidien, trouvant ses causes dans la vie de tous les jours. Au travers d’exemples, nous verrons comment les querelles se déroulent, qui se bat et pour quelles raisons, sans oublier la violence intrafamiliale, puis comment les conflits s’apaisent. Mais il arrive que la violence devienne intolérable : quand elle déborde et se fait meurtrière, ou quand elle remet en cause l’ordre établi. Nous envisagerons alors la place des femmes dans les homicides, et les causes de ceux-ci. Nous nous pencherons sur les femmes qui tuent au sein de leur famille, en particulier leurs maris ; nous évoquerons les empoisonneuses. Pour en arriver au crime essentiellement féminin qu’est l’infanticide. Après avoir fait une incursion dans le monde de la marginalité, avec voleuses, prostituées ou indigentes, nous terminerons par le rôle souvent négligé des femmes dans les révoltes, rébellions et autres troubles.
Marie-Christine Delamotte, enseignante, docteure en histoire moderne