Préhistoire armoricaine, sortie sur le terrain à Monteneuf

Découvrir en cinq séances les 800 000 ans de la préhistoire armoricaine, apparaît comme un voyage dans le temps pour lequel le groupe Préhistoire armoricaine a confirmé son intérêt en se déplaçant une journée sur le terrain.

Par une assiduité assurée d’octobre à février, une cinquantaine d’adhérents ont suivi les premiers pas de l’humanité sur la péninsule armoricaine. En accompagnant ces premiers hominidés engagés dans une errance nourricière jusqu’aux prémices de la sédentarisation des clans de chasseurs/cueilleurs, chacun a pu mesurer les aléas de l’Homme face à un environnement évolutif.

Quand, vers 5000 ans avant notre ère, les néolithiques décident d’organiser leur territoire, en marquant le paysage d’une forte présence mégalithique, ils affirment leur maîtrise d’une bonne organisation sociétale ainsi qu’une profonde réflexion spirituelle. Par les échanges et la collecte de matériaux, par la diffusion de leurs pratiques funéraires ces grands bâtisseurs se sont ouverts au Monde atlantique. Embarqués sur de frêles pirogues monoxyles ou suivant d’anciennes voies de pérégrination, ils sont allés à la rencontre d’autres cultures.

En accentuant les routines d’échange, la métallurgie, apparue vers 2 000 ans avant J.C., a quelque peu bousculé l’organisation des sociétés anciennes. Les communautés établissaient déjà les grands axes de communications commerciales sur l’Arc atlantique Nord/Est.

Assez discrète, la présence romaine viendra s’intercaler dans les traditions ancestrales en y apportant quelques améliorations.

Le vendredi 27 mars, en se déplaçant sur le territoire de Monteneuf (56), le groupe visitant différents ensembles mégalithiques, pouvait apprécier l’organisation d’un territoire néolithique. Tenant compte des disponibilités environnementales (hydrographie, géologie et topographie), chacun comprenait mieux la distinction entre le secteur d’habitat, celui réservé aux morts et les emplacements où nos ancêtres dressaient des menhirs.

Corrigeant les images de ces hommes frustres de la préhistoire, nous nous sommes immiscés dans le quotidien de ces individus. Dans la mesure où ils nous ont laissé un patrimoine extraordinaire à comprendre, nous devons aujourd’hui le préserver et le transmettre aux générations à venir.

Passée sous un soleil à peine voilé, cette belle journée d’étude et de convivialité a été marquée par un agréable repas assuré par les hôtes du restaurant des Mégalithes... bien évidemment !

Yannick Lecerf - Archéologue préhistorien


Quelques photographies de la journée (prises par Marie-Élise)